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Titre

Informations :

Au Japon :
Publication : Août 2006 - Mars 2007
Editeur : Shueisha
Nombre de tomes : 3
Statut : Terminé
En France :
Publication : Licence non acquise.
Team fr : Shinjou Scantrad
Statut : Terminé

L'histoire :
Japon, de nos jours. Voilà maintenant 15 ans que Shintarô Koizumi vit reclu dans sa chambre. Bouleversé par la mort de sa mère et rejetant la faute sur son père, il n'a pas quitté sa chambre depuis ses 15 ans. Aujourd'hui, il a 30 ans et rien n'a changé. Tous les jours, son père (Yasujirô) lui apporte des mangas ainsi que des plateaux repas. Puis, Yasujirô s'assit dans le couloir et échange quelques mots avec lui dans l'espoir de le faire sortir de sa chambre, en vain bien évidemment. Lasse de ses échanges verbaux, Shintarô lance un défi à son père : trouver une petite amie. Il promet de sortir de sa chambre si ce dernier y parvient.
Yasujirô accepte donc de se lancer dans cette tâche mais part avec un avantage : cela fait plusieurs mois qu'il sort avec une jeune femme prénommée Haruka. Ne voulant d'abord pas la mêler à ses problèmes, il décide finalement de la présenter à son fils. Mais comme on pouvait s'y attendre, ce dernier refuse de sortir de sa chambre pensant que tout cela n'est qu'un coup monté. Les jours passent et les deux tourtereaux décident de se marier. La cérémonie a lieu et ils s'envolent tout de suite après en lune de miel. Shintarô est confronté à lui-même pour la 1ère fois. Mais rien n'y change, pas même la mort de son père. En effet, ce dernier meurt quelques jours après des suites de son cancer. Il est enterré quelques jours plus tard. Shintarô se retrouve alors complètement seul... enfin c'est sans compter sur la bonté d'Haruka qui décide finalement de s'occuper de lui !

Critique :
Me-Teru no Kimochi ou le manga haït par bon nombre de fans de Gantz avant même qu'il ne soit publié (apprendre qu'il y a une pause de 3 mois dans la parution de Gantz et que son rythme de parution sera ralenti tout ça à cause de ce nouveau manga, comprenez leur désarroi :p). Mais même en faisant abstraction de cela, le manga ne tient pas ses promesses. Qui dit Oku, dit sujet atypique. Après l'hermaphrodisme, l'homosexualité, la chasse aux aliens voici l'Hikkimamori (personne vivant recluse dans leur chambre). Si c'est un véritable problème de société au Japon ça l'est beaucoup moins en France. Et c'est peut être là qu'est le problème. Un thème national et non universel. Du coup, on passe peut être un peu au-dessus du message de l'auteur.

Avec ce manga, Oku revient à ses premiers amours (sujet à polémique dans un monde malheureusement très réel), bien éloigné de l'univers science-fiction de Gantz. L'histoire gravite autour de la ré-insertion de Shintarô dans la société en procédant étape par étape (sortir de sa chambre, parler à quelqu'un face à face, sortir de la maison, faire des courses...). Une sorte d'école de la vie pour trentenaire le tout arrosé d'une pseudo-histoire d'amour et de quelques scènes cocasses. Je dis pseudo-histoire d'amour car si on peut penser qu'Haruka s'est mariée avec Yosujirô pour de bonnes raisons (encore que...), on ne peut pas en dire autant pour Shintarô avec qui elle sort plus par dépit et devoir qu'autre chose. Elle cherche à tellement bien faire qu'elle va jusqu'à se donner à son beau-fils. Et comble de l'ironie, c'est dans une scène ecchi plutôt justifiée qu'Oku en montre le moins. Mais c'est peut-être là que réside la grandeur de l'Homme. Etre capable de se retenir là où on serait en droit de se lâcher.

Pour le coup, le manga est assez fleur-bleue. Les problèmes se traitent de façon très pacifique et avec beaucoup d'attention et d'amour. On se retrouve donc avec des personnages se pliant aux 4 volontés de Shintarô, préférant éviter tout conflit de peur de le heurter. C'est ce qui fait défaut au manga, le réalisme des personnages. Personne n'élève la voix, ne pique de colère (de ce côté-là, même si Katô est philanthrope, cela ne l'empêche pas de se lâcher par moment), on se croirait presque dans le monde enchanté des bisounours. On a donc un peu de mal à être séduit. Surtout que l'histoire s'accélère au milieu du tome 3 et on ne comprend pas pourquoi Haruka n'a pas fait ce geste, qui pousse Shintarô à débrouiller seul, plus tôt. Enfin, quand on sait que Me-Teru no kimochi se termine la même semaine que NHK ni yokuso (un autre manga traitant de l'Hikkimamori) on peut se poser des questions sur le véritable but d'Oku (ou de son éditeur) avec ce manga.

J'attribue donc à ce manga un faible 09/20. Je doute que Me-Teru no Kimochi puisse séduire un large public en dehors du Japon. Toutefois, ceux qui ont aimé les premières oeuvres d'Oku (comme Hen) devraient y trouver leur compte. Pour les autres, vous pouvez passer votre chemin.

Les couvertures :